Dans les froids, dans les flammes
Allô le bucket,
Pour t’écrire ce vomi émotif, j’ai mis mes jeans. Les trouves-tu belles ? Je sais que « jeans » c’est masculin, mais « T’as don’ ben des belles jeans ! », ça sonne trop ben ! Dis-le à voix haute : « T’as don’ ben des belles jeans ! ». C’EST L’FUN, HEN ! C’est comme un scat qui dit quelque chose ! En plus ta bouche finit naturellement sur un sourire. T’as don’ ben des belles dents !
Mettre mes jeans, c’est ma victoire de la semaine. J’les ai mises à 15 h, ressens-tu la grande gloire ? Mettons que ces temps-ci, mon humeur est d’écouter Golden de KPop Demon Hunters pis de crier les « AH ! » un peu trop fort. (Je salue mes voisins. The hoonmoon is sealed, pas mes murs.)
La semaine dernière, j’ai eu la chance d’assister à la première de Sam Breton. Entre deux fous rires, il a expliqué parfaitement l’émotion qui m’habite. Je ne me souviens plus des mots exacts, alors voici ma compréhension via une pâle imitation Sam-Bretonnesque :
J’ai une boule dans l’sternum qui bouche le bain jusqu’au sink. Son Thomas a l’goût d’pleurer, mais c’est jammé de Montréal à Yamachiche. Ça sort autant pas qu’la scelle d’une toilette chimique à Saint-Jean. (Ne vous fiez pas à ce passage pour un aperçu de Sam Breton. J’ai d’autres qualités !)
Bref, j’vois pu l’boutte.
Toi, tu fais quoi dans ces temps-là ? Moi, je sors Céline (Elle était là, dans mon placard ! Joke.) et je blaste Pour que tu m’aimes encore dans l’tapis (je resalue mes voisins.) Ça débloque comme une formule magique. Je pleure sur les marabouts d’Afrique.
Je t’invite à l’écouter pour lire la suite. C’est la beauté de ce médium : pas besoin de payer les droits !
Play!
J’ai compris tous les mots, j’ai bien compris, merci (Maudit que c’est bon.)
Début du numéro musical !
Je pose mon cahier alors qu’une douche de lumière m’isole sur une scène vide. Un léger brouillard fait ressortir mes yeux et surtout, mes jeans. C’est genre, full touchant.
Que les choses ont changé, que les fleurs ont fané
La caméra contourne le derrière de ma tête. Alors que tu remarques mon début de calvitie, le décor change ! Finis la scène, nous sommes maintenant assis côte à côte dans une salle pleine. C’est la première de Sam Breton ! Et il performe un solide solo de claquette (Mon infolettre musicale, mes règles !).
Que si tout zappe et lasse, les amours aussi passent
Entre deux fous rires, Sam décrit ce sentiment qui m’habite. Le temps fige. Eye contact! Il me dit : « T’es mieux de te souvenir des mots exacts ! » Oops.
Il faut que tu saches
Zoom sur nous deux et le décor change encore ! Ça sent la 50 pis le cégep… bienvenue au karaoké ! Main sur la main, on empoigne le même micro et on hurle :
J’IRAI CHERCHER TON CŒUR, SI TU L’EMPORTES AILLEURS !!!!!!!!!!
Dans un mélange de fausses notes et de postillons, la boule d’émotion débloque. On se regarde, on n’est pas seul·es.
J’irai chercher ton âme, dans les froids dans les flammes
La caméra me contourne à nouveau. Retour à la scène initiale ! Moi, la scène vide, une douche de lumière et ben d’la prétention artistique.
Pour que tu m’aimes encore…
BANG ! La musique arrête sec. Les néons du théâtre s’illuminent. Au fond, un concierge moustachu vadrouille le plancher : « Mon p’tit, le spectacle est terminé ! » Rouge de gêne, je rétorque : « Désolé M’sieur… » et je quitte, libéré.
Seul à son tour, le concierge enlève sa moustache : c’était Céline depuis le début !!! Elle brise le silence : « On a réussi, Sam ! »
Son Sam Breton jaillit côté jardin. Pour terminer le numéro musical, il chuchote :
Pour que tu m’aimes encore !
Clins d’œil de Céline. Clin d’œil de Sam Breton. Clin d’œil des jeans.
RIDEAU !